Origines de l'Association

La 1ère édition du Journal (1995) m’a fait l’honneur de me citer comme fondateur de l’Association. Bien que cela soit strictement exact, il me semble indispensable de rendre ici un hommage bien mérité à George Cumming, mon assistant à l’époque, dont la ténacité et la persévérance aussi inébranlables qu’inexorables ont su faire bouger les plus hautes instances juridiques, universitaires et administratives de nos deux pays et sans lequel il ne m’aurait pas été possible de fonder, seul, notre Association.
Durant nos efforts initiaux, nous avons été activement soutenus et aidés par Simon Horsington, qui m’avait été présenté par George Cumming, et je lui dédie donc également sans réserve cet hommage.
Pour ceux d’entre vous qui n’ont pas eu l’occasion de m’entendre au moins une fois raconter l’histoire de nos débuts, la voici. C’était à l’issue d’une conférence privée de M. René Pleven organisée par des hommes d’affaires de la City londonienne à l’intention d’un public restreint; M. Pleven, dont le mandat de Garde des Sceaux / Ministre de la Justice venait de prendre fin, avait conclu sa conférence en affirmant que « l’harmonisation de nos systèmes juridiques n’est pas pour demain et peut-être pour jamais », et je me pris à penser que, si ce devait être le cas, il était d’autant plus important de faire « quelque chose » pour y remédier.
Voilà la pensée originale qui conduisit à la création de notre Association des juristes franco-britanniques, dont l’objet est triple :
- mettre les juristes de chaque pays au fait des institutions et pratiques juridiques en vigueur de l’autre côté de la Manche,
- rendre compte des solutions pratiques élaborées dans le cadre de nos activités et exercices respectifs pour surmonter les prétendus antagonismes ou incompatibilités de nos deux systèmes,
- et, au vu de l’objet précédent, remuer ciel et terre pour que les législateurs de nos deux pays confèrent à ces solutions une valeur juridique et légifèrent en conséquence afin que celles-ci remplissent leur plein effet.
Des trois objets ci-dessus, le troisième –le plus important– reste toujours à mettre en œuvre ; il constitue le défi que nous aurons à relever au cours des années à venir.
